Ce soir c'était le vernissage de l'exposition Jean Fraisseix à la mairie.
Jean FRAISSEIX
Il est né le 29 avril 1922 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 20 octobre 2007 à Eymoutiers ; médecin ; militant et élu communiste de Haute-Vienne, élu maire d’Eymoutiers de 1952 à 1989, conseiller général de 1953 à 1967.
Jean Fraisseix était le neveu du Dr Jules Fraisseix qui n’avait pas de fils. Né à Limoges dans une famille de commerçants (son père fut bijoutier à Paris, puis Limoges), Jean Fraisseix fut marqué par son oncle et suivit sa voie professionnelle comme politique. (Source : Michel Patinaud).
Grand amateur d’art et de la peinture, il fut longtemps un ami de Paul Rebeyrolle. A l’initiative de nombreuses expositions d’art contemporain d’excellente facture à Eymoutiers, il a rassemblé, au profit de la commune, une importante collection d’œuvres conservées à la mairie. Les F.R.A.C. sont nés d'une idée de Jean Fraisseix.
Les œuvres présentées ici sont inédites et non jamais été exposées auparavant. Elles proviennent de la donation d’une centaine de toiles faite à la commune d’Eymoutiers par Jeannine l’épouse de l’artiste. Qu’elle en soit particulièrement remerciée.
Il s’exerça à la peinture et à la sculpture. Malgré son attirance marquée pour l’art abstrait, il n’a réalisé que des œuvres figuratives. On lui connaît d’abord des toiles de la banlieue parisienne, paysages urbains et industriels, puis de retour en Limousin, il réalisera des portraits parmi lesquels un saisissant portrait de son oncle Jules, des paysages, des scènes de la vie quotidienne et, comme il était un grand pêcheur de nombreuses truites. Il a jalonné les bâtiments publics de ses œuvres, au cinéma, à la bibliothèque, au village de vacances du Buchou, à la piscine, à la Halle des Sports avec une sculpture « hommage à Nicolas de Staël ».
Merci aussi à Mélanie Plazanet et à la commune d’Eymoutiers, aux services techniques et administratifs ainsi qu’à toutes les personnes qui ont contribué pour la réussite de cette exposition. Nadine va assurer le gardiennage en alternance avec d’autres jeunes Pelaudes et Pelauds, y compris au mois d’août où deux expositions remplaceront celle-ci : celle du Pays d’Art et d’histoire avec « un train peut en cacher un autre », histoire du train et du tramway sur le territoire Monts et barrages. Ensuite, lors de deuxième quinzaine d’août ce sera une présentation des œuvres de Jean-Claude Martel et Hélène Cariguel. En même temps on pourra voir deux œuvres d’artistes en résidence au PNR Millevaches en Limousin : « Limousiner « de Florence Wuillai et « Faut-il prendre des gants avec le paysage ? » de Guillaume Lebaudy.
Comme chaque année, l’été sera fort animé à Eymoutiers, un programme a été distribué dans les boîtes aux lettres, mais surtout ne manquez pas le concert de Gautier Capuçon le vendredi 10 juillet à 20 h 30 sur la place d’Armes.
Eymoutiers et la culture, Eymoutiers et les beaux-arts, voilà une belle et longue histoire qui ne date pas d’hier, les vitraux de la collégiale en sont le témoin. Mais plus récemment, elle a repris vigueur au début des années 50 et ne s’est jamais essoufflée depuis, les successeurs du docteur-maire ont poursuivi son œuvre, de Daniel Perducat à Mélanie Plazanet. Depuis on a eu l’espace Paul Rebeyrolle ave ses expositions estivales de haut niveau, les statues de Christian Lapie, des expositions annuelles éclectiques et variées, de Gérard Tisserand à Rémi Polack en passant par Albert Joseph, Jean-Pierre Rives, Sanfourche, Henri Chéron, Jean Pasquet, Makriss, Jean Deldevez, Chaissac et tellement d’autres … La mairie d’Eymoutiers est un véritable musée grand ouvert à tous ceux qui y entrent.
C’est à Jean Fraisseix que l’on doit l’arrivée de l’art moderne dans la cité pelaude. Ses fréquentations avec ses amis peintres de l’école de Planchemouton comme Paul Rebeyrolle, Simone Dat, Michel de Gallard, Francis Biras dès les années 50 lui feront aimer les productions de ces artistes atypiques. Il décida ensuite de monter des expos de prestige à la mairie d’Eymoutiers. On se souvient du plateau incroyable du circuit de Macaud en 1959, mais bien moins de l’expo de 1957 et c’est bien dommage, … mais peut-on comparer des sujets aussi dissemblables, quoi que … des journées du film sportif avec expositions ont été organisées en juillet 1987 … en présence d’Alain Calmat et Roger Bambuck et la participation de Rochereau, Lacombe, Ayache, Aldaya, Charles Biétri entre autres.
Revenons à notre sujet, en 1957 donc, combien de communes de la taille d’Eymoutiers auraient pu, à l’époque, réunir dans les salles de leur mairie Bernard Buffet, Henri Cueco, Desnoyer, Elisabeth Dujarric, Estève, Marcel Gromaire, Jean Lurçat, Henri Matisse, Pablo Picasso, Edouard Pignon, Nicolas de Staël, Tal-Coat autour de Paul Rebeyrolle et de ses amis ? Jean Fraisseix lui l’a fait ! Et il a récidivé avec d’autres expositions de même qualité.
Les Pelauds n’ont sans doute pas tout compris d’emblée et ces présentations n’ont pas toujours fait l’unanimité mais la dynamique était lancée et elle ne s’arrêtera plus perdurant jusqu’à aujourd’hui. Maintenant cette forme de culture associée à d’autres initiatives est complétement acceptée. Elle fait partie intégrante de la richesse et de l’esprit pelaud. Elle véhicule urbi et orbi, jusqu’à très loin d’Eymoutiers, une identité reconnue.
Jean Fraisseix sera aussi parmi les instigateurs du festival des Francophonies.