Cérémonie dans le cadre de la Journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation
Ce matin, nous avons commémoré à Eymoutiers, avec l’association ANACR - Association Nationale des Anciens Combattants d'Eymoutiers, la mémoire des victimes et des héros de la Déportation, en présence du président du Consistoire de Limoges, des portes drapeaux, des pompiers, du Major, des élus, des membres des associations de mémoire - FNACA, ANACR - du public.
Mot du Maire
"Ici, cette mémoire a un ancrage douloureux et précis. Elle porte une date : les 6 et 7 avril 1944. Deux journées qui ont marqué notre commune. Ces jours-là, 50 femmes, hommes et enfants ont été raflés au Buchou. Ils ont été arrachés à leurs familles, à leurs maisons, à leur quotidien. Ils ont connu l’attente, la peur, l’humiliation, ici même où se tenait une grange. Puis ils ont été conduits vers Limoges, vers Drancy… avant d’être déportés vers les camps de la Mort. La plupart n’en sont jamais revenus. Seuls trois ont survécu.
Nous n’oublions pas non plus celles et ceux raflés en 1942. Parce que la persécution ne s’est pas abattue d’un seul coup. Parce qu’elle s’est construite, par étapes. Et parce que chaque nom, chaque histoire, chaque vie compte.
Ce que nous commémorons aujourd’hui, ce ne sont pas des chiffres. Ce sont des vies : des prénoms, des noms, des visages. Des familles entières brisées, des destins interrompus.
Et cette histoire, tragiquement, n’a pas été lointaine. Elle s’est déroulée ici, dans nos bourgs, sur nos routes, dans nos fermes, dans nos gares, dans nos paysages familiers.
Les 6 et 7 avril 1944, c’est aussi l’histoire d’un territoire meurtri, traversé par la répression, les rafles, les arrestations menées par la division Brehmer.
Mais ces journées nous rappellent également une autre vérité : celle du courage.
Car face à la peur, il y a eu des gestes de solidarité. Des habitantes et des habitants ont aidé, caché, protégé. Des femmes et des hommes ont pris des risques, parfois au péril de leur vie, pour sauver d’autres vies. Cette part de lumière dans la nuit, nous devons aussi la porter.
Parce que l’impensable ne commence jamais par l’impensable.
Il commence par des mots. Par la haine. Par le mépris. Par le rejet. Puis viennent les actes. Puis la violence. Puis l’irréparable.
Alors, aujourd’hui, notre devoir est clair : se souvenir, transmettre et rester vigilants.
En honorant les victimes et les héros de la Déportation nous affirmons une chose: nous n’oublierons pas. "
Lecture a ensuite été faite du message rédigé coniointement par
La Fédération Nationale des Déportés et lnternés, Résistants et Patriotes (FNDIRP); La Fondation pour la Mémoire de la Déportation (FMD) ; L'Union Nationale des Associations de Déportés et lnternés de la Résistance et Familles (UNADIF - FNDIR).
Puis, la commémoration s’est poursuivie lors d’une cérémonie sur la stèle de Farsac, lieu de recueillement et de mémoire. Ce monument rappelle notamment un épisode tragique de février 1944 : l’attaque allemande contre un groupe de maquisards hébergé au château de Farsac, au cours de laquelle trois maquisards ont été tués.
Il rappelle aussi le destin de Mme Périgaud, la fermière, et de son fils, arrêtés puis déportés ; et celui de Mélanie Périgaud, qui ne reviendra pas de déportation.
Devant cette stèle, nous avons rendu hommage, avec la même gravité, à toutes celles et ceux qui ont payé de leur vie l’occupation, la déportation et la barbarie, et réaffirmé notre engagement collectif à faire vivre ce souvenir, ici aussi, au cœur de notre territoire.